6 méthodes de gestion des stocks qui ont fait leurs preuves

Date : 19/07/21

Thématique : Divalto

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Pour nombre d’entreprises en B2B, la gestion des stocks constitue un enjeu de rentabilité central. Pourtant, la gestion archaïque et approximative est encore d’actualité dans de nombreuses organisations.
Des conséquences parfois très lourdes peuvent en découler : sous-stockage aboutissant à l’impossibilité de répondre aux demandes clients, surstockage pouvant générer des pertes financières et une augmentation des coûts d’entreposage, le tout menant à une baisse globale de la marge dégagée et de la rentabilité globale de la société.

Pour sortir de cette spirale négative et formaliser une politique d’inventaire efficace, le choix d’une ou plusieurs méthodes de gestion des stocks optimale s’impose. Ces techniques sont d’ailleurs directement liées à la valorisation comptable des stocks, et jouent donc un rôle déterminant dans le suivi de la marge commerciale.
Mais ces méthodes de gestion des stocks sont nombreuses, et il n’est pas toujours évident de faire un choix. Nous vous aidons à y voir plus clair.

 

 

Dans cet article :

1. Six méthodes d’approvisionnement courantes

2. Trois méthodes de sortie de stocks à connaître

 

 

Bien qu’il soit ici question de méthodes de gestion des stocks au sens large, il convient de faire la distinction entre les techniques dédiées à l’approvisionnement (entrée) de celles qui concernent la façon dont on écoule la marchandise (sortie).

6 méthodes d’approvisionnement courantes

Deux personnes vérifiant leur stock sur une tablette

Le réapprovisionnement est un enjeu majeur de l’optimisation des stocks puisqu’il permet à l’entreprise de faire en sorte que la bonne quantité de marchandises soit livrée dans les délais avec un niveau de qualité suffisant.

La mécanique semble évidente. Pourtant, quantité d’organisations souffrent de problèmes liés à un approvisionnement peu efficace : retards, sur ou sous stockage…
Heureusement, différentes méthodes de gestion des stocks existent pour y remédier. Tour d’horizon : 

 

La méthode calendaire

Il s’agit sans aucun doute de l’un des systèmes de gestion des stocks les plus répandus.
Ici, l’entreprise s’approvisionne à date fixe et quantités fixes sur la base de contrats annuels auprès de ses fournisseurs.

Avantages : 

 

  • Extrêmement simple à mettre en place et ne requiert qu’un investissement en temps minime pour être opérationnelle.

 

  • Permet des gains de temps notables dans les entreprises, mais requiert une excellente connaissance du marché.

 

  • Possibilité d’aboutir à de confortables économies d’échelles du fait des volumes de commandes élevés souvent inhérents à cette méthode.

 

Limites : 

 

  • Méthode particulièrement rigide qui montre ses limites en cas de fluctuation des besoins. Elle est donc à privilégier dans les organisations qui écoulent rapidement leurs stocks ou évoluant sur des marchés où la demande évolue très peu.

 

  • Le calendrier de livraison avec le fournisseur étant défini en amont, il est parfois difficile de le faire évoluer en cas de besoin.

 

La méthode de réapprovisionnement à la commande

Également connu sous le nom de « Toyotisme », le réapprovisionnement à la commande est une pratique originaire du constructeur automobile… Toyota qui l’a mise au point durant la seconde moitié du vingtième siècle. Ici, l’objectif est de produire (et donc de se réapprovisionner) exclusivement sur commande, donc à date et en quantités variables. De fait, les entrepôts de l’entreprise sont généralement vides, et les biens qui y transitent ne sont pas destinés à y rester pour de longues durées.


Avantages : 

 

  • Cette approche est particulièrement flexible et permet de quasiment éliminer le stock dormant et donc l’immobilisation de capitaux.

 

  • Elle suppose une quantité de stock faible, voire nulle, la plupart du temps. Une entreprise se basant sur cette méthode de gestion des stocks peut drastiquement réduire sa surface d’entreposage et réaliser d’importantes économies.

 

  • Le réapprovisionnement à l’achat est extrêmement efficace pour les entreprises évoluant sur des marchés fluctuants pour lesquels réaliser des prévisions fiables est difficile.

 

Limites : 

 

  • Ce fonctionnement est très sensible aux divers aléas (météo défavorable, accidents de circulation, fournisseur lui-même en rupture…) et peut rapidement générer d’importants délais entre l’achat et la réception.

 

  • Il est souvent indispensable d’opter pour des fournisseurs « locaux » pour réduire au maximum les temps de trajet et les coûts de transport.

 

  • Recourir au réapprovisionnement à la commande nécessite une excellente organisation interne afin que les commandes soient déclenchées aussi rapidement que possible, et sa gestion est parfois fastidieuse dans les entreprises souffrant de lenteurs administratives.

 

La méthode du point de commande ou « juste-à-temps »

Cette méthode de gestion des stocks est majoritairement utilisée par les sociétés en B2B qui proposent des produits dont la consommation est particulièrement irrégulière.
Ici, le réapprovisionnement s’effectue à dates variables, mais en quantités fixes. Chaque fois qu’un seuil minimal critique (défini au préalable) est atteint, une commande est automatiquement passée avec la même quantité d’articles.

 

Avantages : 

 

  • Méthode d’approvisionnement très flexible qui contribue à une bonne maîtrise du stock, surtout dans le cadre de produits pour lesquels la demande tend à largement fluctuer.

 

  • La commande par lot économique (Consommation totale de la période/nombre de commandes) permet de rationaliser l’approvisionnement et de limiter les immobilisations.

 

  • Le stock de sécurité constant permet à l’entreprise de répondre à la demande dans l’intervalle entre le passage d’un achat et sa livraison.

 

Limites : 

 

  • Cette sécurité a un coût pour l’entreprise, et peut potentiellement générer un effet de stock mort.

 

  • Recourir à cette méthode de gestion des stocks demande un suivi constant et minutieux, ainsi qu’un outil d’automatisation des processus tels qu’un ERP.

 

La méthode Kanban

L’approche Kanban a d’abord été déployée pour gérer les projets chez Toyota là encore, dans les années 50. Il s’agit d’une variante de la méthode « juste à temps » qui recourt également au principe du stock de sécurité en se basant sur un système à flux tirés. Elle se démarque par l’utilisation de Kanban (étiquettes), chacune correspondant à la commande d’un client. Chaque fois qu’une « Kanban » est éditée, la marchandise nécessaire est demandée au fournisseur.

 

Avantages : 

 

  • L’agilité conférée par les Kaban se traduit généralement par une diminution des délais de production (et donc de livraison).

 

  • Ce système confère par ailleurs une traçabilité optimale de la marchandise grâce à l’usage systématique des étiquettes.

 

  • La dimension « visuelle » et transparente des Kanban peut améliorer le fonctionnement interne en développant la performance des employés.

 

Limites : 

 

  • Par nature, la technique Kanban ne permet par l’anticipation de la demande et limite la vision stratégique sur l’avenir.

 

  • Elle ne convient par ailleurs que si la société travaille avec des cycles de production courts (la multiplication d’étiquettes peut vite devenir problématique).

 

  • La mise en place de la méthode Kanban a tendance à être complexe. La transition vers cette méthode doit d’ailleurs être complètement aboutie pour commencer à porter ses fruits, sous peine de se solder par un échec.

La méthode de recomplètement des stocks

Particulièrement adaptée pour les denrées périssables, les produits coûteux ou encore les encombrants, cette méthode de gestion des stocks se base sur un réapprovisionnement à date fixe, mais ici en quantités variables. À chaque échéance, la quantité de marchandises restante est évaluée, puis une commande passée afin de ramener le stock à son niveau maximal autorisé.

 

Avantages : 

 

  • Il s’agit là aussi d’une technique relativement simple à mettre en œuvre.

 

  • Le recomplètement est la méthode par excellence pour les entreprises du commerce ou du négoce qui stockent régulièrement des encombrants ou des produits périssables.

 

Limites : 

 

  • L’impossibilité de commander entre deux périodes limite également le potentiel de réaction en cas d’évolution de la demande. Le risque de surstockage ou de rupture est donc permanent.

 

  • Cette approche nécessite d’avoir une bonne idée de la consommation des produits, sans quoi des ruptures de stock peuvent survenir très rapidement.

 

La méthode du dropshipping

Très en vogue ces dernières années, le dropshipping est un concept d’approvisionnement assez particulier, puisqu’il implique une gestion des stocks 100 % externalisée. En effet, une entreprise se basant sur ce modèle réceptionne les commandes de ses clients, puis sous-traite leur préparation ainsi que leur expédition à son fournisseur.

 

Avantages :

 

  • L’absence de stocks internes constitue un avantage majeur : gains de temps notables, absence de surface de stockage et de coûts liés…

 

  • Tout le volet logistique est souvent géré par le fournisseur, et permet de gagner encore plus de temps.

 

  • Le fonds de roulement est toujours positif, en l’absence de stocks.

 

Limites :

 

  • Le recours au dropshipping demande souvent de, ce qui a tendan faire appel à des fournisseurs étrangers, ce à considérablement augmenter les délais de livraison.

 

  • La qualité des produits a tendance à être plus basse chez les fournisseurs en dropshipping.

 

  • Il est plus difficile de gérer les retours et clients mécontents, ce qui peut nuire à la réputation de l’entreprise.

 

3 méthodes de sortie de stock à connaître

Illustration de la méthode de gestion des stocks FIFO

Pour une gestion des stocks efficace, il est indispensable d’associer une stratégie d’approvisionnement performante à un pilotage des sorties cohérent. Cette notion de mouvement du stock est capitale et faire l’impasse sur les procédures de sortie est particulièrement dangereux.

 

Pour faire face à cet enjeu de rotation de stock et y faire face efficacement, 3 techniques principales sont employées aujourd’hui. Mais attention, l’une d’entre elles est interdite en France métropolitaine.

La méthode FIFO

FIFO signifie « First In, First Out », soit « Premier Entré, Premier Sorti ».
Concrètement, cela signifie que les produits en stock depuis le plus longtemps sont les premiers à en sortir. Cette règle de gestion est très répandue en France comme à l’étranger du fait de son efficacité.

Avantages : 

 

  • Une rotation optimale de la marchandise sur la durée permettant d’éviter l’apparition d’un stock mort.

 

  • La prise en compte de « l’ancienneté » et de l’usure progressive de la marchandise afin de ne conserver en stock que les produits les plus récents.

 

Limites : 

 

  • Les variations rapides de cours ou de prix réel à l’achat sont répercutées avec retard et peuvent générer une fausse impression de profit. 

 

  • La méthode FIFO peut devenir difficile à piloter sur de très gros volumes de stock avec de grands espaces. En effet, le besoin de constamment faire évoluer les valeurs de l’inventaire a tendance à être difficile et un suivi exemplaire est indispensable.

 

 

FEFO

L’acronyme FEFO renvoie à « First Expired, First Out », ou « Premier Périmé, Premier Sorti ».
Il s’agit en réalité d’une variante de la méthode FIFO vue précédemment, puisque la FEFO se base sur la date limite de consommation (DLC) des denrées périssables pour déterminer quels lots vont sortir en priorité.

On retrouve donc les mêmes avantages et limites, à l’exception près que la FEFO est plus efficace pour gérer les stocks alimentaires, là où la FIFO sera plus adaptée pour les autres typologies de produits.

 

LIFO

Clôturons avec la méthode LIFO (Last In, First Out ou Dernier Entré, Premier Sorti).
En d’autres termes, ce modèle prévoit que l’entreprise se sépare de son stock le plus récent en priorité, au détriment de la marchandise la plus âgée. Le prix retenu pour la gestion comptable est aussi celui du dernier produit entré dans le stock.

Attention : l’utilisation de cette méthode est interdite en France alors qu’elle est courante aux États-Unis par exemple. Les autorités fiscales considèrent qu’elle favorise le « trucage des bénéfices ». 

 

Avantages : 

 

  • Possibilité de tenir compte des fluctuations tarifaires au fil de l’eau et des phénomènes d’inflation ou de déflation.

 

  • Simplification du processus de gestion pour les denrées impérissables.

 

  • Solution requérant moins d’espace pour être mise en application que son homologue FIFO.

Limites : 

 

  • Strictement interdite d’application sur le sol français !

 

  • Les premiers actifs entrés en stock finissent généralement par devenir obsolètes, et perdent donc de la valeur.
    Même pour des produits qui résistent très bien au passage du temps, cette méthode de gestion des stocks ne fonctionne pas toujours, car elle ne convient qu’aux marchandises dont la conception n’évolue pas.

 

Le choix de bonnes méthodes pour la gestion des stocks est déterminant : en permettant à une société de répondre à la demande du marché, elles contribuent à maintenir un bon taux de satisfaction de la clientèle, qui lui-même est facteur de rentabilité majeur.
De plus, la valeur du stock se soustrait aux charges avant d’être réinjectée à l’actif du bilan comptable. De cette façon, une bonne valorisation du stock entraîne une augmentation directe des résultats de l’entreprise.

Ce pilotage requiert toutefois la manipulation d’importants volumes de données. Tous ces flux ont donc intérêt à être centralisés ou tout du moins interconnectés à un ERP, d’autant plus que bon nombre d’entre eux proposent aujourd’hui des fonctionnalités de gestion des stocks avancées.

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